samedi 7 octobre 2017

La carte de France 2017 des acteurs de la traduction

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Dans le cadre d'une mise à jour de mes précédents billets sur la traduction en France (datant déjà de 2014, dont vous trouverez les liens en P.S.), j'ai procédé aujourd'hui à un nouveau recensement des acteurs français de la traduction sur le site Infogreffe, 42 mois après le précédent (effectué le 8 avril 2014).

Le chemin à suivre est toujours le même : 74 AUTRES ACTIVITÉS SPÉCIALISÉES, SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES / 7430Z TRADUCTION ET INTERPRÉTATION.

À l'époque :
Total des acteurs impliqués (sociétés + traducteurs-interprètes en profession libérale) pour les 22 Régions en Métropole plus les DOM-TOM : 19 813 (que j'arrondirai à 20 000 le cas échéant). 
En effet, si nous n'avons qu'environ 12 000 sociétés sur ce total de 20 000, cela signifie que les traducteurs-interprètes exerçant en entreprise individuelle représentent grosso modo 40% des acteurs (env. 8 000) du marché de la traduction en France.

Quant à leur répartition géographique, elle se divise en trois blocs :
  • La Région Île de France l'emporte haut la main avec 38,28% des entreprises : 7 584 ;
  • Le deuxième bloc comprend huit Régions qui dépassent respectivement 3% : Rhône-Alpes, PACA, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Bretagne, Alsace, Pays de la Loire, soit 42,37% avec 8 396 entreprises ;
  • Le troisième bloc comprend les DOM-TOM et les 13 Régions restantes qui sont en-deçà de 3% : Nord-Pas-de-Calais, Centre, Poitou-Charentes, Lorraine, Haute-Normandie, Basse-Normandie, Bourgogne, DOM-TOM, Auvergne, Picardie, Limousin, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Corse, soit 19,35% avec 3 833 entreprises.
Nous avions donc précisément 19813 intervenants "7430Z", contre 20735 aujourd'hui pour la France métropolitaine (je ne compte pas les DOM-TOM en tenant la différence pour négligeable), soit une progression d'environ 5% sur 3 ans et demi.

De plus, entre-temps, le paysage régional français s'est considérablement modifié, puisque nous sommes passés de 22 à 13 régions :
  1. Auvergne - Rhône - Alpes
  2. Bourgogne - Franche - Comté
  3. Bretagne
  4. Centre - Val de Loire
  5. Corse
  6. Grand Est
  7. Hauts-de-France
  8. Île-de-France
  9. Normandie
  10. Nouvelle Aquitaine
  11. Occitanie
  12. Pays de la Loire
  13. Provence - Côte d’Azur
Donc en omettant la Corse, puisqu'elle n'est en fait qu'une "collectivité territoriale à statut particulier", selon la dénomination officielle (et qui ne compte que 65 acteurs, 29 en Corse du Sud et 36 en Haute Corse), cela nous donne un total de 20670 codes "7430Z", dont je vous propose la répartition géographique sur la carte suivante :


- Le chiffre en jaune est l'Île de France : 7821, soit 37,84% (contre 38,28% en 2014)

- Les chiffres en rouge sont les 5 autres régions ayant plus de 1000 codes "7430Z" :
  1. Auvergne - Rhône - Alpes (2308)
  2. Occitanie (1768)
  3. Provence - Côte d’Azur (1710)
  4. Nouvelle Aquitaine (1624)
  5. Grand Est (1359)
- Les chiffres en blanc sont les 6 régions ayant moins de 1000 codes "7430Z" :
  1. Bretagne (855)
  2. Pays de la Loire (811)
  3. Hauts-de-France (803)
  4. Normandie (608)
  5. Bourgogne - Franche - Comté (516)
  6. Centre - Val de Loire (487)
Ces 11 autres régions représentant 12849 acteurs, soit 62,16% (en légère progression par rapport aux 61,72% en 2014).

Pour celles et ceux qui souhaiteraient connaître les détails par département, cliquez ce lien.

En commentaire à mon billet de 2014, M. Hugues Mantoux observait ceci :
Lorsqu'on parle du marché de la traduction en France, l'on se fie généralement au code NAF et à des études comme celles de Common Sense Advisory. 
Mais lorsque l'on regarde les choses d'un peu plus près, on s'aperçoit d'une part que 20% environ des sociétés dont le code NAF est "Traduction et interprétariat" n'ont rien à y faire (imprimerie, reprographie, sociétés de domiciliation...) et d'autre part que l'on mélange le CA de sociétés qui font essentiellement des logiciels de traduction (Systran, Lionbridge...) ou de l'événementiel. 
Oui la traduction est une activité économique essentielle, mais je ne vois vraiment pas où trouver ce fameux marché de 800 millions d'Euros en France...
Je ne peux certes pas prétendre fournir un découpage exhaustif, notamment sur les proportions exactes entre sociétés et freelances, mais j'observe que l'étude 2017 de la CNET inclut le volume d'affaires du marché de la traduction en France dans une fourchette comprise entre 600 millions et 1 milliard d'euros (moyenne : 800 millions), avec une progression supérieure à la "dynamique du marché global" enregistrée par Common Sense Advisory.

Renato Beninatto, ex CSA qui revient aujourd'hui aux études de marché avec Nimdzi, a une théorie fort intéressante sur le potentiel de marché associé à une langue, qui ne vaut plus seulement par son nombre de locuteurs dans le monde, mais plutôt par le potentiel économique qu'ont ces locuteurs de consommer en ligne. C'est ainsi qu'il place le français au quatrième rang des langues plus "localisables", respectivement derrière l'anglais, le chinois et l'espagnol, et juste devant le japonais. Ces cinq langues représentant à elles seules à peu près 80% de la consommation en ligne !

Dans le billet d'actualisation des grands groupes français de traduction que je publierai début 2018, je m'efforcerai de faire la part des choses entre "pure players" et groupes dont la traduction ne représente qu'une partie de leurs activités (mais une part significative pour des acteurs comme Sonovision, Ubiqus ou Mapi Group, en ne citant que les principaux).

Quant aux départements "francophonie" des LSP internationaux, c'est mission impossible, qui plus est pour un traducteur lambda comme moi. Donc ils ne seront pas pris en compte. Si quelqu'un a des informations fiables, je suis preneur. La CNET en 2017 ne cite que Transperfect, mais il serait intéressant de connaître la répartition par langue des C.A. de Lionbridge et consorts.

On peut toujours rêver...



P.S. J'ajoute qu'à elle seule, la ville de Paris est la plus grosse concentration d'acteurs de la traduction, avec 3982 codes "7430Z", soit près de 20% du total de la France métropolitaine (hors Corse).

Source image : JF BRADU

Liens connexes :

Les grands groupes de traduction en France
Les acteurs du marché de la traduction technique en France
Réalité de la traduction automatique en 2014
Combien pèse vraiment le marché de la traduction dans le monde ?



mardi 3 octobre 2017

Critique du site TRADUTEC.COM

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Dans le cadre d'une mise à jour de mon billet (datant déjà d'avril 2014) sur les grands groupes de traduction en France, à paraître ce trimestre ou le prochain, je revisite les 12 groupes identifiés à l'époque, que j'avais alors classés par C.A. (déclaré ou estimé) et par ordre décroissant :
  1. ORTEC 1 Md€
  2. Ubiqus 60 M€
  3. Telelingua 17 M€
  4. Datawords Datasia 16 M€
  5. Linguistique Communication Informatique 15 M€
  6. Technicis 11 M€
  7. Tradutec 10 M€
  8. Optilingua International 10 M€
  9. ADT International 8 M€
  10. WHP INTERNATIONAL 7 M€
  11. HL TRAD 6 M€
  12. CPW Group 3 M€
le but étant bien sûr d'étudier les éventuels changements de position (Ubiqus, qui était second, proclame à présent qu'il est le premier groupe en France) et la recomposition du paysage français des acteurs de la traduction technique à l'horizon 2018.

J'en profite d'ailleurs pour interpeller ces groupes, que je contacterai individuellement, afin qu'ils me communiquent - s'ils le souhaitent, naturellement - des données de première main !

Mais pour en revenir à l'objet de mon billet, voici ce que j'écrivais il y a près de 4 ans :
Le site de Tradutec est un peu plus intéressant que celui de Technicis, mais légèrement dépassé aussi... Certaines rubriques ont même l'air carrément à l'abandon...
Or si le site "institutionnel" de Technicis (dont je signale au passage le rachat récent d'Arancho Doc, un acteur majeur de la traduction, notamment en Italie) s'est adapté depuis à l'air du temps, celui de Tradutec a vieilli ultérieurement et lui ravit désormais le flambeau de "poussiéreux" et grisâtre (du reste le gris en est la couleur dominante !) :


Les défauts de ce site sont tellement manifestes et nombreux qu'il est inutile d'en dresser la liste, ce serait ennuyer davantage mon lectorat que de décrire un site aussi ennuyeux et dont la page d'accueil ne respecte aucun des critères basiques, qui plus est à l'heure des réseaux sociaux ! Inutile aussi de tirer sur l'ambulance en le comparant aux sites de ses concurrents...

Ma critique porte donc sur le fond davantage que sur la forme, et elle tient en une simple constatation : ce site est TOTALEMENT inadapté pour rendre compte de l'envergure de l'un des dix premiers groupes français du marché de la traduction !

Je dis souvent que les anglo-saxons sont les maîtres du marketing, donc imaginons un instant un LSP ayant une taille et une importance semblables à Tradutec, et posons-nous simplement la question : pourrait-il se présenter sur le marché avec un site pareil ?

La réponse coule de source : NON !

Comment connecter un site aussi étriqué à un groupe qui dégage 10 millions d'euros de C.A. ? C'est désastreux en termes d'image, pas uniquement pour Traductec selon moi, mais plus généralement pour le marché français de la traduction.

Du reste, il est étrange de voir que les sociétés faisant partie du groupe valorisent ce dernier bien plus que le contraire, là où il serait naturel qu'un groupe chapeautant une telle pépinière d'entreprises fasse pour elles plus et mieux que de les reléguer en pied de page, genre bloc d'annonces sponsorisées d'un vulgaire site Adsense banni des résultats de Google !


Ridicule !

J'ignore si quelque responsable du groupe Tradutec lira ce billet, dont la critique se veut positive, mais j'espère au moins que le message qu'il entend véhiculer lui parvienne :

- Vous qui êtes riche de plus d'un demi-siècle d'histoire, racontez-la, comme il se doit !

Sur le fond et sur la forme. C'est urgent.



Liens connexes :

Landing page, c'est quoi ?
Les acteurs du marché de la traduction technique en France
Les grands groupes de traduction en France