dimanche 14 août 2016

Conseils aux jeunes qui réfléchissent à leur carrière future

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À l’instar de tout professionnel qui doit se ré-inventer régulièrement (dans une logique de formation et de remise en question tout au long de la vie), il incombe au jeune d’inventer sa carrière indépendamment du métier : qu’on soit traducteur ou avocat, mécanicien ou médecin et ainsi de suite, qu’on exerce en profession réglementée ou pas, le « nouveau maintenant » du marché de l’emploi impose à toutes et à tous de s’adapter en permanence aux (r)évolutions à l’œuvre. 

Personnellement, après plus de 30 ans d’exercice assidu de la traduction-interprétation, mon avenir professionnel aurait plutôt tendance à être derrière moi que devant. Ceci étant, je me sens porteur d’une expérience extrêmement riche qui ne demande qu’à être partagée pour en faire profiter qui voudra. 

Mais surtout qui est sur la ligne de départ. Car les décisions qu’on prend dès le début, les choix qu’on fait (ou qu’on ne fait pas…), aussi bien en termes de contenus que d’outils et de plateformes, les façons dont on se présente, vont grandement conditionner notre avenir. En positif et/ou en négatif. Et laisser des traces, persistantes, de même signe. Autant le savoir pour s’éviter des déceptions difficiles à rattraper ensuite. 

Le premier pas peut sembler couler de source : bâtir une présence Internet. Un premier pas qui marque le plus long des voyages, or un voyage ça se prépare : raisons de l’entreprendre, bagage, destination, étapes intermédiaires, etc. 

Ne surtout pas se décourager face à l’immensité de la tâche, mais plutôt faire sienne cette pensée de Louis Pasteur : « la chance sourit aux esprits préparés ». 

Préparons-nous donc. 

Une réflexion sur ce que je suis, sur ce que je fais, sur comment et pouquoi je le fais, sur ce que je veux devenir, où je veux aller, quelles sont mes attentes et mes ambitions, mes capacités, etc., afin de parvenir à m’inventer, voire me réinventer ! Le mot clé est « innovation »
Innover dans la réflexion, mais pas seulement. Car pour donner corps à cette réflexion, il faut la formaliser, en conjuguant ainsi le fond et la forme, indissociables : 

Form ist vom Inhalt der Sinn, Inhalt, das Wesen der Form… 

Citation d'Hugo von Hofmannsthal. En clair, « la forme est le sens du contenu, le contenu est l’essence de la forme ». 

Donc pour répondre à la question, spéculaire, « pourquoi et comment être sur Internet ? », il faut être conscient que le « pourquoi » renvoie au sens de ma présence (le fond), et que le « comment » en évoque la forme, à la fois sous l’aspect technique (le contenant) et de la qualité (le contenu). 

Lorsque je pense à « présence sur le Web », ma métaphore préférée est celle du puzzle, un « work in progress » dont le tableau final est en perpétuelle composition - déconstruction - adaptation - recomposition. Chaque tesselle que l’on pose étant influencée par les quatre dimensions de l’espace-temps humain : trois dimensions pour le temps, « hier », « aujourd’hui », « demain », et une pour l'espace, « où » (contrairement à la représentation mathématique de l'espace-temps universel, où les quatre dimensions du continuum espace-temps consistent en trois dimensions pour l'espace, « x », « y », et « z », et une pour le temps, « t »). Quant au « où », il désigne le lieu physique où la personne se trouve (puisque sur Internet le « où » virtuel n’a pas de frontières, sauf linguistiques).  

Tout cela est très soudé, chaque facteur ayant des implications, souvent durables, sur les autres. D’où la nécessité de centrer initialement sa réflexion sur comment imbriquer au mieux les différents éléments. Au début du Web (le Web 1.0), une présence se limitait généralement à une simple vitrine, statique et peu souvent actualisée, mais depuis une quinzaine d’années les choses ont évolué et se sont complexifiées : « De l'ADN du Web 2.0 à la rupture du Web 3.0 en passant par le Web sémantique, même Dædalus se perdrait dans le Webyrinthe ». 

En 2007, j’avais déjà commencé à tracer le profil de ce que devait être le tableau de bord Web 2.0/Web 3.0 de notre interface sociale, à une époque où Facebook comptait à peine plus d’une cinquantaine de millions d’utilisateurs, où Twitter, Youtube et LinkedIn n’avaient pas encore commencé leur essor, et où des plateformes comme Instagram, Snapchat, WhatsApp ou Pinterest n’existaient pas encore, et j’en oublie… 

Mais aujourd’hui le prisme multifacettes d’une présence Web - et « sociale » - n’est limité que par nos choix, notre volonté et notre capacité d’investir dans notre storytelling personnel/professionnel, selon le cycle stratégique suivant : 


Une histoire qui va se baser sur une réflexion initiale (mettre en récit les contenus : quoi raconter, comment, en quelle circonstance, pour quel public, dans quel but, etc.), elle-même fondée sur une connaissance pointue du domaine de la traduction, de ses enjeux et de ses marchés, avant de se transformer en action (mettre les contenus en forme dans les bons contenants : vecteurs traditionnels de communication, congrès, foires, événementiel, sites, blogs, réseaux sociaux, clips vidéo, images, photos, art, musique, etc.)
Que chaque lecteur / lectrice remplace traduction par le métier de son choix. 

Parmi le large éventail des tactiques de marketing de contenu, les plus communément utilisées sont, par ordre d’importance (en me basant sur d’innombrables études que je consulte régulièrement ici et là) : 


  • Contenu sur les réseaux sociaux (autres que blogs)
  • Articles sur site « propriétaire »
  • Images / photos
  • eNewsletters
  • Vidéos
  • Événementiel et présentiel
  • Blogs
  • Études de cas
  • Infographies
  • Présentations en ligne
  • Microsites / hubs de sites distincts
  • Rapports de recherche
  • Supports / objets de contenus aux couleurs de la marque
  • Magazines imprimés
  • Livres blancs
  • Webinaires / webcasts
  • Magazines en ligne
  • Ebooks
  • Applications mobiles
  • CV, témoignages clients
  • Podcasts
  • Newsletters papier
  • Conférences virtuelles
  • Jeux / gamification 
Nous sommes vraiment loin de la plaquette promotionnelle statique du Web 1.0…

Pour autant, à chaque point de la liste ci-dessus correspondent plusieurs plateformes de service possibles, et opter pour l’une ou l’autre n’est pas innocent. Il n’y a pas vraiment de règle générale, et ce qui vaut pour moi ne vaut pas forcément pour le voisin :
  • si j’utilise plus volontiers Facebook que Google+, c’est juste un problème de « legacy » : j’ai commencé par Facebook, donc je continue sur Facebook, même si j’essaie quand même d’assurer une présence sur Google+ vu l’importance de ce réseau social ;
  • je suis plus présent sur Twitter (mon média préféré, un outil formidable) que sur Facebook, autant au niveau personnel que professionnel (autre distinction importante sur laquelle on ne réfléchit jamais assez) ;
  • je privilégie le texte à l’image, là où d’autres sont horrifiés par cette pensée, ne jurant que par la vidéo, la photo, la musique, etc. J’ai fait quelques incursions sur Youtube ;
  • dans l’intention de ne pas délaisser totalement l’image, je suis parfois actif sur Pinterest et hier sur Wordle, que j’appréciais grandement ;
  • je suis un créateur net de contenus (parfois en traduisant des textes qui me marquent), que je publie le plus fréquemment possible sur Slideshare et sur mes différents sites ;
  • côté blogs, j’ai tâté trois des principales plateformes, à savoir Blogger, Wordpress et DotClear, mais il y en a d’autres. J’ai retenu Blogger par commodité ;
  • j’ai enfin plusieurs noms de domaine, dont les principaux sont adscriptor.com / dictionnaires.net / emantics.com / jmleray.com / studio92.net / traducteur.org / traducteurs.org / traduire.org / traduttori.net / traduzione.net / translate2.com / translation2.com / translations2.com / translator2.com / translators2.com, etc. (il fut un temps où j’en avais plus de 600…), bien que je n’aie jamais eu le temps de vraiment les développer. 
Ce n’est pas un hasard si je finis cette liste sur les noms de domaine, dont le choix, primordial, demande une analyse attentive… Idem pour ce que sera votre page d’accueil, atterripage pour les intimes. Étudier le (son) marché est plus que jamais à la portée de chacun(e) grâce à la sémantique événementielle et sociale.

On peut aussi s’attaquer à la rédaction d’un business plan



Pour conclure, dans cette logique, la publication de contenu doit passer à la moulinette de la convergence totale. En clair il y a mille recettes, à chacun(e) de trouver sa potion...




P.S. Consultez ma page SlideShare pour trouver des informations utiles et des pistes de réflexion supplémentaires, ou contactez-moi si vous souhaitez analyser « Le grand saut » de plus près…



jeudi 12 mai 2016

Interview à l'ISIT, Intercultural School

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Faisant suite à la publication de mon précédent billet sur la transition université - marché du travail, j'ai été contacté par l'ISIT que j'avais erronément dénommé Institut Supérieur d'Interprétation et de Traduction, mais qui est depuis l'année universitaire 2008-2009 "Intercultural School", une grande école de management et de communication interculturels tournée vers l'international.


J'ai saisi l'occasion de ce contact pour demander une interview et je suis honoré que ma demande ait été acceptée. Les réponses sont fournies par Mme Nathalie SCHWARTZ, de la Direction Relations Entreprises & Communication.

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Introduction
Lors de nos échanges préalables, vous m’avez expliqué que l’ISIT est désormais une Grande École de management et de communication interculturels, car son appellation première d’Institut Supérieur d’Interprétation et Traduction ne correspondait plus que partiellement à votre offre actuelle, qui se décline autour de trois pôles spécialisés :
Management-Communication-Traduction
Interprétation de conférence
Juridique
en partant du constat que seule une part minoritaire de vos diplômés évoluait dans des fonctions pures de traducteurs ou interprètes, tandis que la plupart s’orientait vers des domaines très variés (des achats aux ressources humaines).
Pour répondre aux attentes de vos étudiants, vous avez donc diversifié vos formations, toujours basées sur une expertise linguistique mais davantage tournées vers le monde de l’entreprise avec la communication et le management.

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I. Selon votre présentation institutionnelle, l’ISIT, créé l’année de la signature du traité de Rome en 1957, forme et prépare les étudiants aux exigences imposées par les enjeux d’un marché du travail mondialisé : une maîtrise des langues accompagnée de solides compétences en communication et en management. L’ISIT prépare les managers, traducteurs et interprètes de demain à s’insérer dans un tissu professionnel international, riche en échanges interculturels, et assure une « insertion professionnelle d’excellence », puisque selon l’enquête insertion professionnelle CGE de mars 2015, « 90 % des jeunes diplômés 2014 ont mis 2 mois pour trouver leur 1er emploi ».
Ce qui est effectivement remarquable, et doit susciter l’envie de bien des universités formant traducteurs et interprètes, pour lesquelles l’insertion post-diplôme et les liens avec l’univers professionnel restent trop souvent en-deçà des attentes.

Donc ma première question coule de source :
1. Quels sont les facteurs différenciants de l’ISIT qui vous permettent de vous démarquer et d’offrir à un peu moins d’un millier d’étudiants un tel taux d’insertion professionnelle ?

Une combinaison de plusieurs dispositifs peut expliquer ce niveau d’insertion professionnelle :
·         L’ISIT est une Grande Ecole très professionnalisante : les étudiants de la formation Management-Communication-Traduction doivent réaliser un minimum de 13 mois de stage sur 5 ans. Il est possible de suivre la 5e et dernière année en apprentissage. Ces étudiants effectuent également des projets de groupe en Master 2 pour le compte de commanditaires entreprises réels.
·         Une direction de l’insertion professionnelle est chargée de préparer l’ensemble des étudiants toutes formations confondues à la recherche de leur 1er emploi : séminaires de méthodologie pour la construction du projet professionnel, cycle de conférences avec des professionnels en activité, forum annuel dédié à l’insertion professionnelle, tutorat insertion mené par des jeunes diplômés.
·         Tous les étudiants de Master 1 suivent un « parcours entreprendre » au cours du 1er semestre de formation. Ceux qui ont un projet concret de création d’entreprise poursuivent ce parcours au cours du 2e semestre et en Master 2.

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II. Ainsi, en partant de cette enquête 2015 - « L’insertion des diplômés des grandes écoles » - réalisée entre janvier et mars par 173 grandes écoles membres de la Conférence des Grandes Écoles, il résulte que les principales difficultés rencontrées par les diplômés en quête d’un emploi, sont les suivantes :
  1. absence d’expérience professionnelle
  2. difficulté à trouver des offres d’emploi
  3.  mise en valeur des compétences
  4.  mobilité géographique
  5.  salaire proposé jugé insuffisant
Voir l’infographie présentant ces résultats :



Un constat qui amène la deuxième question :
2. Quelles sont les actions menées par l’ISIT durant le cursus des étudiants pour les former à mettre en valeur leurs compétences à la sortie de l’école ?

Voir réponse à la question 1….

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III. En tant qu’Institut sélectionné par la Commission européenne, parmi une soixantaine d’établissements présents dans 21 États membres, pour recevoir le label « Master européen en traduction » (EMT) attribué aux meilleurs cours de niveau master destinés aux traducteurs et interprètes, la Commission fixe les objectifs suivants :
(1)    Favoriser et encourager un apprentissage et un enseignement dynamiques…
(2)    Reconnaître, distinguer, puis s’adapter à l’évolution de la formation des traducteurs qu’impliquent le développement du marché et le progrès technologique.
(3)    Évaluer la qualité des programmes de formation en traduction.
(4)    Collaborer avec les associations professionnelles, les institutions et les entreprises de traduction…
(5)    Encourager un soutien mutuel entre les différents membres du réseau EMT…
(6)    Suivre les avancées en matière d’innovation et de recherche pédagogiques…

3. Pourriez-vous tracer une brève analyse SWOT pour dégager points forts et points faibles de l’ISIT par rapports auxdits objectifs ?

Forces
Faiblesses
Une pédagogie en constante évolution
Une pédagogie qui intègre les besoins du marché
Les entreprises intégrées au cœur de la vie de l’école
L’utilisation des dernières technologies (streaming, visio, TAO, CMS)
 La part toujours plus prépondérante de l’anglais  et la moindre reconnaissance de la valeur ajoutée du multilinguisme

Opportunités
Menaces
Globalisation accrue des économies et des politiques
Réduction des soutiens publics à l’enseignement supérieur

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IV. Ce même document stratégique de la Commission fait ressortir le volet « Employabilité », qui concerne les aspects suivants, pour rappel :
        Mener une réflexion sur l’employabilité comme moyen d’augmenter le prestige de la profession, et en termes de formation tout au long de la vie.
        Déterminer le profil du traducteur.
        Mener des enquêtes appropriées et régulières auprès des employeurs.
        Prendre contact avec les employeurs et inviter des professionnels à intervenir comme formateurs et à évaluer le travail des étudiants au sein des programmes de traduction.
        Encourager les stages et conclure des conventions de formation avec l’industrie.
        Surveiller l’évolution des compétences requises dans la profession.

4. Quelles sont les actions concrètes et les stratégies mises en œuvre par l’ISIT pour répondre aux exigences susmentionnées ?

Cf réponses à la question 1…

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V. L’alternance rencontre un succès grandissant dans l’enseignement supérieur en France. C’est souvent un atout majeur pour dépasser la dichotomie entre théorie et pratique, mais c’est aussi et surtout la possibilité de faire financer des études par une entreprise.
5. Dans le cadre de son projet pédagogique, qui repose entre autres sur l’accompagnement de chaque étudiant pour le préparer à son insertion professionnelle future, ainsi que sur la professionnalisation du cursus avec une filière en apprentissage et un an minimum de stages hors échanges avec des universités partenaires, quel est le positionnement de l’ISIT sur la formation en alternance ?

Cf réponse à la question 1 …
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VI. Au plan économique, fréquenter l’ISIT représente un gros investissement (entre 7 et 8 000 € de frais d’inscription annuels), soit plusieurs dizaines de milliers d’euros pour l’ensemble d’un cursus normal. Une somme importante, donc, susceptible de représenter une barrière à l’entrée pour nombre d’étudiants doués mais dont les familles n’ont pas la disponibilité financière suffisante pour accompagner leurs enfants dans cette voie.

6. Est-ce que des bourses d’études ou d’autres formes de financement sont prévues pour aider les étudiants moins fortunés ? Et quels seraient les axes d’amélioration possibles dans ce sens ?

Des bourses ISIT, issues du Fonds de solidarité, sont proposées chaque année aux étudiants. De plus, des prêts bancaires à taux préférentiel ont été conclus avec deux banques partenaires. Des entreprises partenaires de l’ISIT proposent également des bourses aux étudiants. Une rubrique dédiée sur le site institutionnel de l’ISIT recense l’ensemble des pistes de financement : http://www.isit-paris.fr/isit-ecole-management-communication/financer-sa-formation/
Pour le logement, des partenariats sont en cours de finalisation avec deux résidences logement situées à proximité du nouveau campus de l’ISIT, situé en proche périphérie sud de Paris.

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VII. Sur la déclinaison internationale de votre site, vous affirmez « ISIT trains multilingual intercultural experts to join the global conversation », une proclamation qui n’est pas sans évoquer le premier point du Manifeste des évidences : « Les marchés sont des conversations ».
Or en 2016 cette « conversation globale » se déroule en grande partie sur les réseaux sociaux. Il est donc naturel que l’ISIT soit présent sur Facebook, sur Twitter ou autres, qui sont des canaux privilégiés de contact avec vos étudiants d’hier, d’aujourd’hui et de demain, ainsi qu’avec toutes les parties prenantes intéressées par vos activités.
Il faut toutefois mettre un bémol à cette « présence sociale », puisque l’ISIT est dans le peloton de queue sur Twitter, avec moins de 500 followers et moins de 14 tweets/mois en moyenne depuis votre adhésion à la plateforme (vs. plus de 280 pour l’université de Nantes, première des universités françaises classées sur Twitter avec plus de 25 000 abonnés, ou bien plus encore pour certaines grandes écoles), un positionnement qui ne reflète pas l’importance de votre Institution.

7. Avez-vous sous-estimé le potentiel social de Twitter (et Facebook), et comment pensez-vous y remédier pour occuper le terrain à l’avenir ? Plus généralement, souhaitez-vous déployer une stratégie précise sur les réseaux sociaux en particulier, et sur le Web en général, en phase avec l’image d’excellence véhiculée par votre École ?

Nous avons tout d’abord mené une phase d’observation pour comprendre quelles cibles étaient sur Twitter, comment interagir avec elles, quel contenu privilégier, et avons créé un compte Twitter en janvier 2015.
Refonte de notre site en janvier 2015 : responsive et répondant mieux aux exigences du web tant en terme de référencement que de besoins pour l’utilisateur.
Amélioration continue de nos stratégies digitales pour être en phase avec nos cibles : mobile, interactivité, contenus vidéos… Déploiement prochain d’une stratégie de community management multilingue dédiée aux étudiants internationaux, dont les étudiants chinois.

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Conclusion
Il est bien sûr impossible de faire le tour des problématiques posées par la transition université - marché du travail en quelques questions, mais en sa qualité d’acteur majeur en France autant qu’à l’international, l’ISIT joue un rôle de premier plan avec des taux d’insertion professionnelle extrêmement flatteurs. Souhaitez-vous ajouter quelques mots sur certains aspects qui ne sont pas abordés dans la présente interview mais qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

Je vous remercie vivement pour votre disponibilité.




dimanche 17 avril 2016

Transition université - marché du travail

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Un an après ma participation au congrès TINVOM - Translation and Interpreting: New Voices On the Marketplace, qui fut selon moi « un véritable succès et une excellente occasion d'ouverture pour les étudiants de rentrer en contact, souvent pour la première fois, avec des réalités dont ils avaient jusqu'alors une vision plus théorique que pratique », je voudrais revenir sur une problématique qui m'est chère, illustrée dans la citation qui précède : la transition des traducteurs-interprètes entre l'université et le monde du travail.

Il y a évidemment plusieurs angles d'approche possibles, personnellement je ferai référence à l'axe stratégique du raccord entre établissements d'éducation / de formation et le monde professionnel, déjà souligné dans mon plaidoyer pour un marketing de la traduction :
2) Employabilité : 
  • Mener une réflexion sur l'employabilité comme moyen d'augmenter le prestige de la profession, et en termes de formation tout au long de la vie. 
  • Déterminer le profil du traducteur. 
  • Mener des enquêtes appropriées et régulières auprès des employeurs. 
  • Prendre contact avec les employeurs et inviter des professionnels à intervenir comme formateurs et à évaluer le travail des étudiants au sein des programmes de traduction
  • Encourager les stages et conclure des conventions de formation avec l'industrie. 
  • Surveiller l'évolution des compétences requises dans la profession. 
5) Formation des formateurs : 
  • Élaborer un cadre général définissant un profil de compétences pour les formateurs de traducteurs. 
  • Créer une banque de ressources contenant du matériel pédagogique destiné aux formateurs de traducteurs. 
  • Développer le processus de formation tout au long de la vie des formateurs de traducteurs. 
  • Rédiger un guide de mise en place pour les nouveaux programmes de formation à la traduction professionnelle et traiter en particulier la question du passage de la philologie/études de lettres à la traduction. 
Source : document STRATÉGIE RELATIVE AU MASTER EUROPÉEN EN TRADUCTION (EMT), consulté le 11 décembre 2014
C'est donc l'approche préconisée par la Commission européenne, qui soutient par le biais de la Direction Générale de la Traduction (DGT) le programme de Master européen en traduction (EMT, European Master’s in Translation), en qualifiant de stratégique, entre autres, l’employabilité des traducteurs, et en fixant parmi les objectifs de l’EMT : « Collaborer avec les associations professionnelles, les institutions et les entreprises de traduction afin de conserver une compréhension approfondie des différentes facettes des professions liées à la traduction. »

À noter que cet article, soumis à l'appel à contribution pour le n° 1/2016 des Langues Modernes, n'avait pas été sélectionné pour publication. Certes, on peut le comprendre en lisant l'intitulé du numéro, Approches théoriques de la traduction, même si selon le rédacteur en chef dans son éditorial :
[U]n grand nombre de contributeurs et contributrices s’est manifesté courant 2015 depuis les quatre coins du monde pour proposer, soit des textes contenant une réflexion de fond sur les enjeux de la traductologie aujourd’hui, soit pour porter témoignage de pratiques réflexives de terrain autour de la traduction.
En charge d’une telle quantité de propositions, nous avons décidé de donner suite à beaucoup d’entre elles, et il y avait manifestement matière pour plus d’un numéro. Chemin faisant, est venue l’idée d’éditer d’abord un premier dossier – celui que vous avez en mains – consacré aux approches théoriques, puis un second, qui sortira en juin, et qui fera état d’approches pratiques diverses en matière de traduction.
Donc nous verrons bien en juin quelles sont ces "approches pratiques diverses" retenues, à défaut de la mienne, qui a probablement le tort de manifester trop explicitement ma principale source de divergences avec le monde académique : faire la part belle à la théorie aux dépens de la pratique.

Il y a un dicton plutôt cruel chez les professionnels italiens : « Quand quelqu'un ne sait pas faire son métier, il l'enseigne ! », comme pour mieux souligner la dichotomie qui se crée trop souvent entre théorie et pratique, plutôt que d'insister sur leurs complémentarités nécessaires. Certes, la chose n'est pas généralisable, mais en analysant quelques évaluations de licence de plusieurs universités, les résultats sont plutôt parlants :
  • L'université Jean Monnet identifie des axes d’amélioration là où les taux de satisfaction sont inférieurs à 60%, le plus bas concernant l'affirmation selon laquelle « L’information sur les débouchés professionnels est satisfaisante », puisque seuls 42% des répondants se déclarent « tout-à-fait d’accord » et « plutôt d’accord » ;
  • Pour l'université François Rabelais de Tours, les « liens avec l'univers professionnel » sont parmi les 3 items les plus insatisfaisants (selon près de 90% des répondants !) ;
  • À l'université de Nantes, « (l)es intervenants professionnels extérieurs sont encore trop rares et limités à certaines mentions bien particulières » ;
  • Pour l'université d'Angers, c'est sur l'insertion professionnelle que le dossier d'évaluation « est le moins performant » ;
  • Enfin, l'université Paris 10 Nanterre mentionne au rang des aspects les plus faibles le « (p)eu de réflexion relative à l'insertion professionnelle en termes d'UE et de suivi de cohortes d'étudiants ».
Au point que cette dernière avance la recommandation suivante :
Une restructuration de l'offre de formation liée aux licences bi-disciplinaires Droit français-Droits de l'Europe / Droit anglo-américain s'impose dans une optique de cohésion, de lisibilité et de débouchés de l'offre de formation. Pour parfaire cette formation, il conviendra de veiller
  • à renforcer son pilotage en s'appuyant sur une réflexion forte relative à une évaluation tant des enseignements que des étudiants, 
  • à renforcer les potentialités de professionnalisation par la création de modules professionnalisants ainsi que par l'organisation d'un suivi de l'insertion professionnelle des étudiants facilité par le nombre restreint d'étudiants, 
  • à s'ouvrir à d'autres compétences transversales que les langues.
Ceci pour dire que ma position est loin d'être une vue de l'esprit, et qu'elle est souvent partagée par des étudiants frais émoulus qui se trouvent enfin face à la "jungle" professionnelle mais découvrent qu'ils/elles n'y sont pas forcément préparé(e)s.

Or qui aurait son mot à dire sur cette professionnalisation / formation professionnalisante si ce ne sont ... les professionnels, justement !

Est-ce un hasard ? Ces établissements font partie d'un échantillon de trente universités, écoles et associations françaises directement impliquées dans la traduction à qui j’avais envoyé fin 2013 un courriel ciblé, renouvelé en 2015, pour leur proposer d’adapter en français la formation au marketing & branding à l’intention des traducteurs-interprètes (et des agences de traduction) que je dispense avec succès en Italie depuis 2011. Pour n’obtenir en retour que trois réponses potentiellement intéressées (10%) et trois autres déclinant poliment l’offre (10%) : 80% des personnes contactées (toutes responsables à différents titres de la filière) ne se sont jamais donné la peine de répondre !

Il est clair que les universités peuvent avoir des problèmes budgétaires (une professeure m'a gentiment fait comprendre que leur budget pour les interventions en sus des cours prévus dans la maquette dépendent de la taxe d'apprentissage, qui est bien trop maigre pour cela), mais globalement cette (non-)réaction est un signe de ce que les espaces de dialogue et de collaboration entre universités et univers professionnel sont vraiment difficiles à conquérir.

Pourtant lorsque j'avais mon bureau au centre de Rome, j'avais accueilli des étudiantes stagiaires (provenant notamment de Rennes 2 et de Grenoble), dont une m'a laissé dans son rapport de stage un témoignage vraiment touchant. Mais pour qu'il y ait dialogue et coopération entre toutes les parties impliquées, encore faut-il que chacune fasse sa part, et vu la situation actuelle, ça n’a pas l'air gagné d’avance !

Par ailleurs, s'il est vrai que les jeunes issus de l’enseignement supérieur arrivant aujourd’hui sur le marché du travail exerceront difficilement leur activité dans une même entreprise pendant toute leur vie, alors l’enjeu principal pour les structures d’enseignement supérieur n’est pas tant de « coller » aux besoins des entreprises, que de donner aux jeunes toutes les bases dont ils ont besoin pour évoluer dans un métier qui connaîtra nécessairement des changements importants en raison des évolutions technologiques et organisationnelles.

Citation extraite du chapitre III intitulé « Mieux définir les rôles respectifs des structures universitaires et des entreprises dans la professionnalisation », du rapport L’insertion des jeunes sortis de l’enseignement supérieur, rendu il y a déjà dix ans mais qui garde toute son actualité si l'on en croit la situation professionnelle de nombre de jeunes un an après le diplôme.

Par conséquent, conformément au souhait du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de dynamiser les relations entre l'École et le monde professionnel en leur donnant une impulsion nouvelle, au lieu de se murer dans un silence froid il serait bon que les professeurs des universités commencent par dialoguer avec les professionnels qui les contactent.

À travers mon compte Twitter je suis 65 comptes des Universités de France, et une seule m'a répondu !


Voici donc ces 65 comptes d'universités françaises, classés par ordre décroissant en partant du plus grand nombre de followers et relevés le dimanche 17 avril 2016, à suivre sur une liste Twitter dédiée (work in progress), auxquels j'ai inclus celui de l'ISIT (Intercultural School, une grande école de management et de communication interculturels, ex-Institut Supérieur d'Interprétation et de Traduction, tournée vers l'international).

[MàJ - 12 mai 2016] Voir mon interview de l'ISIT...

Voir également cet autre classement d'influence sur Twitter.

Compte Twitter Nombre d'abonnés Date d'inscription à Twitter Nom et site de l'université
@UnivNantes 25 138 Janv. 2008 Université de Nantes
@SorbonneParis1 20 324 Fév. 2010 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
@Paris_Sorbonne 18 204 Nov. 2010 Université Paris-Sorbonne
@upmc 14 303 Janv. 2009 Université Pierre et Marie Curie
@univ_lyon2 13 000 Avril 2010 Université Lumière Lyon 2
@UnivParis8 11 437 Juin 2010 Université Paris 8
@unistra 11 224 Janv. 2011 Université de Strasbourg
@univbordeaux 10 680 Nov. 2009 Université de Bordeaux
@UniversiteLyon 10 517 Mars 2010 Université de Lyon
@Paris_Dauphine 10 488 Oct. 2009 Université Paris-Dauphine
@UnivLyon1 10 426 Juil. 2009 Universitė Claude Bernard Lyon 1
@ParisDiderot 10 321 Juin 2009 Université Paris Diderot
@UnivRennes1 9 887 Sept. 2009 Université Rennes 1
@ParisOuest 9 532 Oct. 2009 Université Paris Ouest Nanterre La Défense
@Lille3 9 349 Nov. 2009 Université Lille 3 Sciences Humaines et Sociales
@AssasParisII 8 950 Mai 2011 Université Panthéon-Assas - Paris II
@Univ_Lille1 8 716 Août 2009 Université Lille 1 - Sciences et Technologies
@UnivAngers 8 413 Avril 2009 Université d'Angers
@UJML 8 357 Fév. 2010 Université Jean Moulin Lyon 3
@Univ_Nice 8 184 Sept. 2009 Université de Nice Sophia Antipolis
@Univ_Lorraine 7 868 Juil. 2011 Université de Lorraine
@Universite_Caen 7 425 Juil. 2011 Université de Caen Normandie
@uvsq 7 328 Sept. 2009 Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
@UnivAvignon 7 229 Juin 2009 Université d'Avignon et des pays du Vaucluse
@UBMontaigne 7 207 Juin 2010 Université Bordeaux Montaigne (ex-Bordeaux 3)
@upemlv 6 630 Janv. 2010 Université Paris-Est Marne-la-Vallée
@UnivTours 6 560 Fév. 2010 Université François-Rabelais de Tours
@UniversiteCergy 6 497 Sept. 2010 Université de Cergy-Pontoise
@UnivCorse 6 428 Fév. 2011 Université de Corse Pasquale Paoli
@univtoulon 6 229 Oct. 2009 Université de Toulon
@UBO_UnivBrest 6 084 Oct. 2009 Université de Bretagne Occidentale
@Univ_Auvergne 5 994 Juil. 2009 Université d'Auvergne Clermont 1
@unilim 5 992 Déc. 2008 Université de Limoges
@univbourgogne 5 520 Juil. 2011 Université de Bourgogne
@UnivPoitiers 5 507 Août 2010 Université de Poitiers
@UTJeanJaures 5 421 Déc. 2009 Université Toulouse - Jean Jaurès (ex UTM)
@universitereims 5 153 Avril 2011 Université de Reims Champagne-Ardenne
@U_ParisSaclay 4 790 Déc. 2013 Université Paris-Saclay
@univ_lille2 4 642 Déc. 2011 Université Lille 2
@UnivLaRochelle 4 557 Mars 2010 Université de La Rochelle
@UPECactus 4 271 Oct. 2010 Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (ex Paris 12)
@UnivRennes_2 4 217 Avril 2013 Université Rennes 2
@universite_uppa 3 901 Nov. 2010 Université de Pau et des Pays de l'Adour
@UT3PaulSabatier 3 717 Déc. 2011 Université Toulouse III - Paul Sabatier
@Univ_Artois 3 646 Sept. 2010 Université d'Artois
@univpaulvalery 3 600 Fév. 2013 Université Paul Valéry - Montpellier 3
@Univ_Savoie 3 385 Sept. 2011 Université Savoie Mont Blanc
@UT1Capitole 3 360 Oct. 2009 Université Toulouse 1 Capitole
@ucly 3 200 Août 2009 Université Catholique de Lyon
@u_psud 3 107 Juin 2012 Université Paris-Sud
@upvd1 3 006 Janv. 2012 Université Perpignan Via Domitia
@SorbonneParis3 2 872 ? Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
@Univ_St_Etienne 2 490 Sept. 2011 Université Jean Monnet Saint-Étienne
@Universite_Mans 2 362 Juin 2011 Université du Maine / Le Mans - Laval
@utbm_fr 2 320 Juin 2010 Université de technologie Belfort-Montbéliard
@Univ_Reunion 2 086 Avril 2011 Université de La Réunion
@Univ_Clermont2 1 993 Sept. 2009 Université Blaise Pascal Clermont 2
@upjv 1 955 Nov. 2011 Université de Picardie Jules Verne
@umontpellier 1 865 Janv. 2014 Université de Montpellier
@uCezanne 1 829 Juin 2009 Université d'Aix-Marseille
@unimesfr 1 780 Nov. 2011 Université de Nîmes
@UnivChampollion 1 316 Janv. 2011 Institut National Universitaire Champollion
@UGrenobleAlpes 890 ? Université Grenoble Alpes
@isit 314 Janv. 2014 Intercultural School
@universitepf 183 Sept. 2009 Université de la Polynésie Française
@Master_TSM 143 Janv. 2014 Master Traduction Spécialisée Multilingue, Université Lille 3

À noter quelques curiosités :

Merci de me signaler tout oubli éventuel...